a. séquences vidéo-manifeste montées en boucles surchargées, comme la redite publicitaire qu’elles pointent d’un pixel vengeur, dictature énoncée et dénoncée, spectaculaire, (au sens debordien du terme bien sûr), mise en scène des corps et des plastiques à travers le jeu télévisé ou l’objet de consommation, l’image idéalisée, idéal dilué dans un produit voulu toujours plus conforme.
b. boucles et répétition du même dans ce point de vue statistique et scientifiquement mesuré des rythme de vie de l’artiste, un graphique qui tend à l’abstraction, déclinaison chaînée de variations enchaînées, subies, une autre façon de percevoir le point de départ et d’arrivée du territoire de la démarche. Comme pour nous dire : « je suis ici, j’en suis là, je reviendrai par là ».
c. au delà des débits ininterrompus et des chiffres, une vision « classique » de quatre poses (on aimerait dire « pauses »), photographies réinterprétant le geste unique des peintres qui dévoile une image de femmes d’un autre temps. Un autre regard, un autre contexte, icônes restituées au présent.
Les trois axes du travail de Caroline Dhellemmes se répondent et s’interpellent, boucles eux-mêmes dans leurs propres boucles, du flux constant à voir et à revoir (l’impossibilité de consommer images et textes en même temps. La tentation, le plaisir du voir et le désir, contre l’interprétation froide des textes du collectif TIQQUN), jusqu’aux réappropriations classiques (elles-mêmes porteuses de l’idée d’une féminité considérée « hors d’usage », qui se donne à voir dans la longueur (la langueur ?) : le jeu des détails, ressemblances et différences, évocation et distance de l’original dans le temps et la technique utilisée, « staticité » de l’ensemble et grands formats contre fenêtre étriquée de la diffusion télévisuelle.
Littéralement au centre, l’artiste, dans la mise en scène de l’unicité de son propre corps, face aux répétitions des samples audiovisuels, mélangés et malmenés à l’image d’une bande-son qui se cherche une cohérence, des mouvements, un rythme et des thèmes pour illustrer le chaos de boucles et de redites. Au centre les courbes, tout aussi généreuses, des variations d’humeurs et de poids, impact social et affectif de la dictature d’une image qui instaure un consensus entre victimes et bourreaux, le principe même de la fascination.
Mais l’évocation de la Jeune Fille comme produit, objet et sujet, ne s’arrête pas au cercle sexué qui est tracé dans ces allers retours. La Femme parle pour l’Homme, ce regardant regardé ici non comme l’unique responsable de ce point de vue dominant, mais comme le jouet dominé, fraîchement standardisé, d’une société à responsabilité non limitée.
Erwan Desfachelle.






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